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Une Larme du Diable n°2 - décembre 2010

1er décembre 2010. Naissance du deuxième numéro d’Une Larme du Diable...

Résolution de la grille de mots croisés, page 111 d’Une larme du diable n°2 resolutionmotscroises2010

sommaire du deuxième numéro À plus d’un titre (Laurent Guilmart), Les auditeurs ont la parole (le Masque et la Plume), « Oreilles d’or » (entretien avec Bruno Furlanetto), Quand la radio « tintinnabule » (Jean-Charles Yvon, Haiku (Ryôkan), Muet (Pascal Rueff), L’homme canapé (Mariannick Bellot), Une présence sonore dans le roman (entretien avec Jean Echenoz), Le langage des saisons (Martin de la Soudière), Portsall (Jean-Guy Coulange), Timbre de nos ancêtres (Pierre Senges), La France radiophonique (1928), Voyage de face (photographies de Caroline Pastor), On the road – Fast Forward – (Peter Szendy), « Sounds drawings » (Anne Penders), Norma, affaire criminelle (David Christoffel), Les labyrinthes… (Olivier Beurotte), Antipodes sonores (Walid Saddi et Emma Carmody), La rumeur des non-lieux (Marc Augé), La métamorphose (une écoute ordinaire), Fenêtres ouvertes (Victor Hugo), La fabrique radiophonique, Alain Trutat (Un passager clandestin), Ousopo (publicité), Mots croisés

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mise en bouche, trois extraits...

Muet, par Pascal Rueff, p. 18

Il est des sujets difficiles, retors. Des sujets qui ne veulent pas jouer le jeu. Qui n’en ont pas les moyens. Des taiseux.

À mon retour d’un premier séjour d’un mois dans la banlieue de T. (on verra comment c’est devenu une initiale), mon expérience de preneur de son en avait pris un coup.

Avec émotion, j’en témoignais durant le festival « Longueur d’ondes », en décembre 2006 : je ramenais d’Ukraine des giga-octets de son qui ne voulaient rien dire de ce qui me taraudait pendant le retour. Que je ne savais pas relier à l’expérience vécue là-bas. Que je ne savais pas faire parler.

Il faudrait un texte et un spectacle pour le partager. J’allais changer de métier. Trois ans plus tard, après des détours curieux, je repartais pour un quatrième séjour dans la région de Tchernobyl, avec à nouveau des micros et, en tête, une tout autre approche du taiseux.

Il faut toujours que ça parle dans un coin… – Entretien avec Jean Echenoz, p. 34

Question : Je voulais commencer par une question un peu générale car j’imagine qu’il n’est pas très fréquent d’interroger un écrivain sur le son dans ses livres. Je me demandais si l’ambiance sonore d’un livre était quelque chose que l’on imaginait avant de l’écrire, que l’on préméditait… Certains de vos romans apparaissent en effet comme relativement silencieux (Un an ou Courir), d’autres beaucoup plus « bruissants » (Cherokee)…

Jean Echenoz : Ça dépend un peu. C’est très lié aux lieux…

Q. : Pourtant, tous les lieux ne sont pas traités de la même manière, il y a des villes un peu silencieuses comme dans Au piano, où elle est plutôt en arrière-plan, alors que dans Cherokee, tout fait du bruit il me semble.

J. E. : Oui, mais par exemple, on peut prendre deux livres qui ont été un peu construits l’un contre l’autre, l’un par opposition à l’autre, Les Grandes blondes et Je m’en vais. Dans Les Grandes blondes, pour des raisons qui seraient un peu longues à développer, je voulais vraiment qu’une partie du récit se passe en Inde, que je connaissais déjà un petit peu – et pour la préparation du livre, j’étais allé y séjourner pendant deux ou trois mois. Or, je ne sais pas si ça s’entend dans le roman, je ne me souviens plus, mais j’y avais pris beaucoup de notes qui avaient à voir avec la prolifération – prolifération de couleurs, d’odeurs, etc., et naturellement de sons. Cela s’imposait par cet effet de saturation de tous les ordres sensoriels. Cette espèce de polyphonie permanente, notamment, était importante et je notais aussi bien des éléments de cet ordre que des éléments visuels ou olfactifs.

Le langage des saisons, par Martin de la Soudière, p. 44

De l’enfance à la vieillesse, les saisons symbolisaient les âges de la vie sur les anciennes images d’Épinal et dans les almanachs tandis que, par simple association d’idées, spontanément, paresseusement, nous opposons l’image d’un jaillissement de la vie au printemps, puis celle de la plénitude de l’été, à celles de la lenteur économe de la récolte automnale des fruits et enfin du repos et de l’immobilité de l’hiver. Partant de ses souvenirs, chacun d’entre nous s’est construit sa propre symbolique, les quatre saisons de sa mémoire. Je connais bien les miennes.

Plus que sa voisine, tout en rendant par là même captif un canton de notre imaginaire, chacune d’elles sollicite en effet tel ou tel sens, tel ou tel registre de notre sensibilité en même temps que tel élément de notre environnement. Sur le registre sonore, on peut par exemple mettre en contraste les bruits de l’été et les silences de l’hiver – les hommes alors sont muets, raconte une légende amérindienne, Paroles gelées, les mots attendant le mois d’avril pour se déverser à flots (malicieusement, Gilles Lapouge prétend, lui, que l’on peut entendre le « bruit de la neige »).


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